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En maints endroits les bisses offrent des voies de communication aussi utiles pour se repérer qu’agréables à parcourir, car il en est peu qui ne soient escortés d’un sentier comme d’un chemin de halage. Celui de Saxon, celui du Levron et combien d’autres ne sont-ils pas les véritables artères des lieux parcourus et une base d’orientation pour qui s’égare dans les bois qu’ils traversent ?
Bien qu’accoudé ou suspendu sur la plus grande partie de son trajet, le bisse de Ste Marguerite à Savièse présente par l’étroite planche qui l’escorte, une voie que lui empruntent couramment les gens de cette localité. Lorsqu’ils gîtent dans la zone supérieure de leur admirable plateau, et qu’ils ont à se transporter de ces altitudes aux pâturages d’été qu’ils possèdent nombreux dans les solitudes enfoncées vers le col du Sanetsch et son versant bernois, cette simple latte leur épargne fatigues et pertes de temps. Sans elle, ils seraient condamnés à descendre jusqu’au village de Chandolin d’où le chemin ordinaire s’enfonce à travers la profonde gorge entre laquelle mugit parmi les rochers la Morge bouillonnante. Aussi, lorsqu’ils n’ont pas de bestiaux à conduire, s’engagent-ils sans le moindre trouble sur cet alignement de planches branlantes, les hommes la pipe aux dents et la hotte au dos, les femmes un enfant aux bras et un panier sur la tête.
Louis Courthion, Écho des Alpes, 1920, pp. 11-12.
Les bisses et la fertilité du Valais
Au prix d’un grand labeur et grâce à leur extraordinaire habileté, les habitants ont coutume de travailler toutes les terres cultivables et déploient beaucoup d’efforts pour dévier les cours d’eau. Et de fait, ils ont l’habitude d’irriguer non seulement les prés et les jardins, mais aussi les vignes, ce qui n’est pas fréquent dans nos régions. C’est pourquoi ils font descendre l’eau du sommet des montagnes dans des canaux en bois sur une distance de deux mille et même plus, à grands frais et parfois même au péril de leur vie, puisque des hommes suspendus à des cordes taillent le flanc des parois rocheuses nues afin d’y accrocher les chenaux posés sur des supports et des chevrons. Aussi, bien que la vallée soit étroite et peu étendue, ils font cependant en sorte, par leur ingéniosité, que, quelle que soit la qualité du sol, sa fertilité l’emporte sur celle de toutes les régions voisines.
Extrait de Josias Simler, Vallesiae Descriptio / Description du Valais, 1574, Traduction de Anne Andenmatten et Kevin Bovier, 2025, Schwabe Verlag, p. 63.
Vallesiae fertilitas
Incolae ipsi magno labore et singulari industria omnia loca, quae modo culturam admittunt, exercere solent ; multum autem operae in aquis derivandis ponunt. Etenim non tantum prata et hortos, sed, quod in nostris regionibus inusitatum est, vineas quoque irrigare consueverunt. Itaque e summis montibus aquam ligneis canalibus per duo milliaria aut etiam amplius deducunt, magnis sumptibus et aliquando etiam magno vitae periculo, quando homines funibus suspensi, nudarum rupium latera caedunt, ut ex his suppositis tibicinibus et caeteriis canales suspendant. Quare etsi vallis arcta et exigua sit, hac tamen industria efficiunt, ut idipsum quicquid est soli fertilitate nulli finitimarum regionum cedat.
Extrait de Josias Simler, Vallesiae Descriptio / Description du Valais, 1574, Traduction de Anne Andenmatten et Kevin Bovier, 2025, Schwabe Verlag, p. 62.

Source : Actes 1995, p. 48, carte établie par Emmanuel Reynard
| Station | Altitude [m] | Précipitations moyennes annuelles [mm] |
| Oberwald | 1375 | 1493 |
| Ulrichen | 1345 | 885 |
| Brig | 671 | 723 |
| Simplon-Dorf | 1495 | 1229 |
| Zermatt | 1638 | 694 |
| Graechen | 1617 | 512 |
| Visp | 640 | 550 |
| Leukerbad | 1400 | 1049 |
| Sierre | 565 | 587 |
| Montana | 1508 | 859 |
| Grimentz | 1575 | 778 |
| Hérémence | 1260 | 684 |
| Sion | 482 | 575 |
| Fey | 737 | 605 |
| Montagnier (Bagnes) | 845 | 767 |
| Grand-Saint-Bernard | 2472 | 2099 |
| Bourg-Saint-Pierre | 1620 | 868 |
| Orsières | 922 | 735 |
* Données de l’Institut suisse de météorologie, 1996
